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3 juillet 2015

ADEVA Villebéon - Association de Défense de l'Environnement de Villebéon et des Alentours

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Villebéon, le mercredi 18 octobre à 9h22
Publié le 5 juin 2008
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Pour les politiques, la décroissance n'est pas "très sexy"

Malgré l'importance des potentiels d'économie d'énergie, le mot peine à franchir la bouche des responsables politiques. Ils préfèrent parler d'énergie nucléaire, d'éoliennes, d'énergies renouvelables ou de voitures électriques plutôt qu'évoquer franchement la question de la décroissance de la consommation énergétique.

L'efficacité énergétique n'est même pas posée comme impérative. Ainsi, l'Union européenne doit discuter en 2008 d'un paquet "Energie-climat" qui comprend un triple objectif pour 2020 : réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, passage à 20 % de la production énergétique assurée par les énergies renouvelables et amélioration de 20 % de l'efficacité énergétique. Mais la Commission européenne n'a pas rendu obligatoire la réalisation de ce dernier objectif, a contrario des deux autres. Pour les Amis de la Terre, le gouvernement français ne semble guère disposé à peser pour que les 20 % d'efficacité énergétique deviennent contraignants.

Certes, le ministère de l'écologie lance, le 4 juin, avec l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une campagne promouvant les économies d'énergie. Mais l'essentiel de l'effort est demandé au citoyen, peu de décisions concrètes étant prises au niveau gouvernemental. Pourquoi une telle prudence des responsables politiques ? La réponse est donnée par Claude Mandil, ex-directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). En avril, au débat organisé par l'association Passages, il constatait que la difficulté des politiques d'efficacité énergétique, c'est qu'elles se traduisent par des décisions minimes, dispersées. Si vous me permettez un mot familier, ce n'est pas très sexy pour les gouvernements ! L'énergie nucléaire, ou une politique de capture et de séquestration du carbone, ça c'est sexy, cela représente de grandes décisions, beaucoup d'argent, des grandes entreprises, c'est très attirant pour les responsables politiques...

"PAYER PLUS POUR CE QUI POLLUE"

Yves Cochet, député Vert de Paris, confirme : Les responsables politiques ont peur de parler d'économies d'énergie, de dire : "Il faut se serrer la ceinture". Ils croient que ce n'est pas bon de tenir de tels propos. L'élu écologiste estime que les responsables ne veulent pas remettre en cause le modèle économique fondé sur la croissance, ils préfèrent croire que la technique et le marché vont faire des miracles, sans qu'il y ait besoin de changer de mode de vie, de se chauffer et de rouler moins. Par ailleurs, si le nucléaire ou les éoliennes génèrent du profit pour de grandes entreprises, cela n'est pas le cas pour les économies d'énergie. Elles irriguent en revanche un large tissu économique de PME, mais à la capacité de lobbying plus faible.

Pourtant, la sobriété énergétique a un avantage économique certain : les importations de pétrole ont représenté quelque 31 milliards d'euros en 2007, mais pourraient atteindre une facture de 40 milliards pour la France, en 2008.

Les politiques pourraient toutefois réfléchir aux paroles de Gro Harlem Brundtland, ex-premier ministre de Norvège et une des créatrices du concept de développement durable. Elle expliquait au Monde 2 de juillet-août 2007 : Vous devez dire aux gens qu'il faut changer les règles de l'économie, payer plus pour ce qui pollue, payer plus pour l'énergie. Mais que ce surcoût sera compensé par des impôts moins élevés sur d'autres choses.

H. K.

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