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3 juillet 2015

ADEVA Villebéon - Association de Défense de l'Environnement de Villebéon et des Alentours

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Villebéon, le dimanche 17 décembre à 16h53
Publié le 4 janvier 2008
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Terence Blacker: Nimbyism should be applauded, not despised

Traduit et adapté par Luc Rivet

Le syndrome « NIMBY » (Not In My Back Yard – Pas dans mon jardin)
devrait être applaudi et non pas méprisé !

Il existe une série de clichés bien connus, qui sont bien plus que de simples abréviations paresseuses. Ce sont des clichés de l'esprit et du cœur. Ce sont de véritables substituts de la réflexion qui constituent des armes redoutables pour ceux qui défendent les intérêts économiques et politiques de quelques factions. Ces abrégés simplificateurs éteignent tout débat de manière méprisante.

L'exemple parfait, c'est ce petit mot bien propre : « nimby ». Plus besoin de le définir. Nous savons tous que c'est l'exemple même de l'égoïsme, de la priorité donnée à l'intérêt personnel plutôt qu'au bien commun, n'est-ce pas ?

Les gens atteints de nimbysme se cachent derrière leur petite haie privée pour crier pas dans mon jardin !, pendant que le monde se réchauffe et que des emplois doivent être créés. Ces témoins d'une petite bourgeoisie engoncée dans son confort et ses courtes vues, veulent protéger leur qualité de vie et la valeur de leur bien. Quelle sottise ! Ils ne pensent qu'à eux-mêmes. Ils sont irresponsables. Ce sont les ennemis du progrès, disons même les ennemis de notre petite planète bleue.

C'est le ton du cliché « nimby », qui est largement répandu par les politiciens et la presse. En Grande-Bretagne, très récemment, un des « facilitateurs éoliens » du gouvernement travailliste se plaignait de l'opposition grandissante aux parcs à éoliennes dans le pays. Le problème selon lui, était causé par les conseillers communaux « nimby », qui s'opposaient à l'octroi de permis de construire des parcs à éoliennes.

Il est en fait peut-être temps de regarder au-delà du cliché et de se demander ce que défend le nimby. Ce que la personne atteinte de nimbysme défend, c'est ce que défendaient jusqu'il y a peu tous ceux d'entre nous qui étaient sensibles aux questions d'environnement. Le nimby croit que pour contribuer à l'amélioration du monde, il faut commencer là où on a un peu d'influence, c.-à-d. dans sa communauté locale et dans son paysage.

Cette influence peut s'exercer à propos de collecte d'ordures, de vandalisme, de transport, d'utilisation des sols. Au cœur même, se retrouve l'idée que l'intérêt local doit être pesé face à l'intérêt national. Travailler dans son petit coin est rarement très excitant ; c'est une question d'application, mais le nimby croit que ce travail est plus valable que tous les grands discours sur l'état de la Planète Terre. Le nimby protège le petit contre le puissant.

Ceux dont le « jardin est menacé » (une petite phrase assassine et méprisante qui pourrait représenter le pays tout entier) connaissent maintenant la puissance de l'argent, de la politique et du populisme ambiant. Je ne l'ai vraiment compris que lorsqu'un parc industriel à éoliennes a été proposé dans ma région, entre quatre villages voisins. Je ne me rendais pas compte de l'émotion et du venin que ce projet allait susciter.

Quelque chose d'étrange s'est passé : les gens dont je croyais partager les idéaux écologiques se trouvaient subitement être des partisans enthousiastes de ce projet qui allait détruire un paysage façonné par l'homme depuis des siècles et où la vie sauvage et l'homme coexistent de manière harmonieuse. Encore plus curieux, le héros du jour était le promoteur, une firme importante, clairement motivée par les profits potentiels et la manne des subsides publics. Ceux qui étaient diabolisés, c'étaient les humbles villageois qui tentaient de se défendre contre cet énorme développement qui allait complètement changer leur vie au village. C'étaient eux les égoïstes, les « nimbies » !

Ce discours culpabilisateur est partout autour de nous. On l'inculque à nos enfants à l'école. Nous devons tous « faire notre effort ». Ces quelques formules consacrées suppriment tout effort de réflexion. Plus besoin de réfléchir aux énergies renouvelables. Elles ne peuvent qu'être parfaites ! L'émotion remplace la réflexion…

Lorsque le monde des affaires s'allie aux politiciens « verts » pour discréditer toute personne qui aurait l'impertinence de se poser des questions sur les vraies motivations de chacun, d'autres clichés font surface. L'opposition est alors « composée d'une petite minorité locale très excitée ». Tout département ministériel qui se poserait trop de questions se voit immédiatement accusé de « traîner » ou d'être « encombré ».

Face à cette propagande et à ces idées préconçues, il faut du courage pour être un « nimby ». Les beautés d'un petit coin tranquille seront insignifiantes face au sort de la planète. Face à ces tableaux statistiques « sexy » qui présentent l'avenir de l'humanité, qu'est-ce que la défense d'une lande de bruyères, d'un petit bois, d'une chapelle ombragée, d'un village ? Ridicule… Et bien non, ce ne l'est pas ! C'est dans ces humbles villages que réside l'esprit d'une nation. On ne peut l'effacer tout simplement sous les slogans nébuleux d'intérêts nationaux mal définis.

Il y a longtemps que l'on sait cela. Bien que les clichés d'aujourd'hui noient les pauvres « nimbies » courageux, ils seront compris dans l'avenir. Entre-temps, quiconque aura le courage de défendre les « nimbies » dans ce pays, ne mérite pas les quolibets. Il a droit à toute notre gratitude. Le nimby est l'un des héros inconnus de notre temps.


Terence Blacker: Nimbyism should be applauded, not despised

There are certain well-used contemporary clichs which are more than lazy verbal shortcuts. They represent clichs of the mind and the heart. Substitutes for thought, they are weapons used by the spin-merchants of commerce and politics. They simplify complexity and smother debate.

A perfect example lies in that brutally neat little word, "nimby". No definition is now required. We all know that nimbyism is the placing of selfish individual wants before the common good. While the world is warming up and jobs are needed, the nimbies crouch down behind their privet hedges, shouting "Not in my back yard!". Comfortable, middle-class and blinkered, they fret about their view, their quality of life, the value of their property. It's just me-me-me with that lot. Irresponsible and self-protective, they are enemies of progress sometimes enemies of the very planet on which we live.

Or so the clich goes, propagated unquestioningly by politicians and the press alike. This week Labour's official environmental lobby group Sera wheeled it out while complaining about what it believes is impeding the spread of wind turbine developments across the country. The problem was caused by "nimby councillors" who opposed planning permission, said Sera.

Perhaps it is time to look beyond the clich and ask, in the manner of the old Persil ads: what is a nimby? The truth is that the values a nimby defends were, until very recently, those which most environmentally-minded people would support. The nimby believes that to contribute to a better world a person should start with the one area over which he or she can have some influence: the local community and landscape.

That influence might involve litter, vandalism, transport, the use of land. At its core is the idea that the local should be balanced against the national. Action in a person's own area is rarely glamorous it involves work and application but, the nimby believes, it is worth more than any number of warm words about the state of Planet Earth. The nimby protects the small against the big.

Those with a threatened "back yard" (a sneering phrase which can be used to describe most of Britain) will know just how powerful the outside forces of profit, politics and populism now are. I had written around the subject in the past but until last year, when an industrial wind turbine development was proposed on a site between four nearby villages, I had little idea how much emotion and venom it provoked.

Something truly strange has happened, I discovered. The sort of people whose environmental values I thought I shared were now enthusiastic supporters of a policy which, if applied in this back yard, would violate a stretch of countryside that down the centuries has provided pleasure for humans and habitat for wildlife. Even more bizarrely, the new hero of the hour was the developer, a large and wealthy firm, openly and frankly motivated by the massive potential profits offered by public subsidies. Lastly, in this most selfish of ages, it was those arguing that an enormous development affecting the lives of those living in local villages was a wasteful and wrong-headed approach to climate change who were demonised. These were the selfish ones the nimbies.

The tell-tale clichs of the moment are now all around us. They are drummed into the heads of our schoolchildren. We should each "do our bit" because "every little bit helps". These simple-minded and usefully vague invocations remove any need to think and plan sensibly around renewable energy, offering instead a crude emotionalism.

When big business and big politics are trying to discredit anyone impertinent enough to question their motives, there are more crooked clichs. Opposition, it is said, comes from "a vocal minority of local people". Any planning department that dares to question whether an area should be transformed is described as "sluggish" or "clogged up".

In the face of this prejudice and propaganda, it takes courage to be a nimby. The qualities of a particular area will seem insignificant beside the fate of the earth. Set against big, sexy statistics concerning the future of mankind, the future of a moorland, a wood, some fields, a village, will seem puny. But it is not. It is in these places that a nation's soul resides; they are too important to be obliterated in a mood of emotion and anxiety for some nebulous, ill-defined national interest.

These things have been known in the past and, although they are currently drowned out by dishonest clichs, will probably be understood in the future. In the meantime, anyone brave enough to speak up for them around the country deserves gratitude not sneers. The nimby is one of the unsung heroes of these very odd times.

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